Préparatifs
Le voyage de Ïaka
Equipage
Livre de bord        
position
Notre position
Coin des Enfants        
News        
août septembre octobre novembre décembre janvier février mars
previous

News

next

Largage des amarres! (par Shirley, 10/08/2012)

Ce matin, nous avons terminé nos préparatifs : du fil à pêche (pour faire joli, parce que je doute que Guillaume souhaite pêcher quoi que ce soit, vu que j'insiste pour que nous mangions le produit de notre pêche, et qu'il n'est pas fan de poisson), puis direction le marché où nous avons fait le plein de boudins créoles et de fruits et légumes.

Les enfants, souvent réticents à goûter des choses nouvelles, ont bien compris qu'ils risquaient de rater des bonnes choses : après un temps d'hésitation, Jules a adoré la mangue bien mûre de ce midi, et le régime de petites bananes a été consommé en une journée ! La découverte de l'igname en accompagnement des boudins ce soir a été plébiscitée. J'en suis ravie, dire que je bataille pour leur faire manger des légumes habituellement ! Il nous reste des patates douces, de l'igname, des fruits de la passion...

Après le marché, j'ai coupé les cheveux des filles, qui souffrent vraiment de la chaleur. Il a fallu se battre un peu avec Victoria, mais le résultat était suffisamment concluant pour qu'Aliénor réclame la même coupe. Et hop, 2 têtes blondes à la tondeuse, 2 ! J'ai très envie de me faire la même chose, mais je ne suis pas sûre d'y réussir seule, et je ne sais pas si je peux faire confiance à Guillaume avec une tondeuse entre les mains...

coupe de cheveux Aliénor Alié coupe courte Vic coupe courte

Ensuite, nous avons pu larguer les amarres. Ca y est, nous respirons enfin l'air du large ! Enfin, pas très large puisque nous avons quitté le Marin pour mouiller dans la baie de Sainte Anne pour le déjeuner (à peine 25 minutes de navigation), avant de viser le rocher du Diamant emblématique de la Martinique, puis de virer pour passer la nuit au mouillage dans la petite anse Arlet. Nous restons raisonnables car un avis de coup de vent est annoncé, une tempête tropicale devrait arriver sur nous demain soir, nous préfèrerions être à l'abri quand elle arrivera.

installation des fillets Ïaka
Diamant

Il faut savoir que nous sommes à la saison cyclonique. Les phénomènes météo que nous pouvons rencontrer débutent comme des dépressions tropicales (moins de 63 kh/m de vent, soit 34 noeuds), certains devenant des tempêtes tropicales (63 à 117 km/h, jusqu'à 63 noeuds de vent) et d'autres plus puissants encore devenant des cyclones, que l'on classe en catégorie de 1 à 5 :

  • catégorie 1 : de 117 à 153 km/h
  • catégorie 2 : de 153 à 177 km/h
  • catégorie 3 : de 177 à 209 km/h
  • catégorie 4 : de 209 à 248 km/h
  • catégorie 5 : au-delà de 248 km/h

On "nomme" les tempêtes tropicales et les cyclones. Ernesto est passé sur la Martinique juste avant notre arrivée, et là c'est G qui arrive. Nous ne tenons pas à faire connaissance, merci bien.

Donc notre première nav a été modeste mais nous a permis de prendre notre bateau en main. Hisser les voiles, jeter l'ancre (mes débuts avec un guindeau électrique, appareil ultra pratique qui va m'éviter d'avoir les bras de Popeye à mon retour, puisque c'est lui qui largue délicatement les 10, 20 ou 40 mètres de chaîne de l'ancre, et qui les remonte), découvrir le lecteur de carte, le pilote automatique, le lazy-jack (qui permet de hisser facilement la grand-voile)... Bref, plein de matos très pratique, mais aussi très sophistiqué qu'il faut pratiquer avant de maîtriser. Les premiers essais sont globalement concluants.

Coté enfants, le premier essai de navigation est concluant aussi. Nous les avons confinés dans le bateau le temps des manoeuvres, et ils sont sortis après, tous trois munis de gilet, les deux petits avec harnais. Ils râlent mais c'est le prix de ma tranquillité d'esprit.

harnais
Mat

Le doigt de Victoria va mieux, nous espérons que l'hexomédine aura eu raison de l'infection. Elle se prête volontiers aux soins maintenant, et est un peu moins ronchon, mais son humeur peut également être mise sur le compte du décalage horaire. Léger mieux là aussi : Jules et Victoria ont dormi jusqu'à 5h30, youpi ! En revanche, après une journée à se baigner et nager, ils sont tombés de sommeil à 20h, et je crains un réveil en fanfare aux aurores.

Cette nuit, nous la passons donc au mouillage dans une jolie petite baie, la petite anse Arlet. En face de nous, l'église où nous avons entendu tout à l'heure les répétitions des chants pour dimanche. A babord, une montagne, de laquelle descend le chant nocturne des grenouilles, si caractéristique des Antilles. A tribord, les lumières du village qui montent des rues en pente raide, le cable car de San Francisco serait bien à sa place ici. Et derrière nous: le large.

Anse Arlet 1 Kids anse Arlet petite anse Arlet

Première nuit au mouillage, et je sens Guillaume tendu. Nous avons mouillé 20 mètres de chaîne, amplement suffisant par les 4,5 mètres de fond (eau translucide: on voit les rochers et le sable en dessous), et le bateau ne bouge guère. C'est le gros avantage du cata sur le monocoque : un petit coté père peinard vraiment confortable, et je sens que je vais dormir comme une bienheureuse tandis que Guillaume va veiller à ce que nous ne dérapions pas sur notre ancre. Il projette de dormir dehors. Oh, je vous entends d'ici, admirant l'abnégation du marin qui dort à la belle étoile pour veiller sur sa famille ! Petit rappel: nous sommes aux Antilles. La nuit, il doit faire 25°C dehors, et il y a un petit souffle d'air qui vous caresse juste ce qu'il faut, tandis que dans le bateau, il est difficile de créer un courant d'air. Alors sous couvert de sacrifice, il va surtout se passer une nuit tranquille, Guillaume ! Rangez donc vos mouchoirs.

Il est 21 heures, et me voici moi aussi bien fatiguée par cette journée de mer et par notre premier ti punch bien mérité. Je vais aller rejoindre Morphée, je me tâte encore à dormir dehors pour avoir moi aussi droit à votre compassion, ou à dormir dans ma couchette, au chaud...

previous

News

next
- Mentions légales