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La panne qui nous a mis à l'abri d'Isaac (par Shirley, 22/08/2012)

Nous sommes remontés de Marigot Bay à Rodney Bay mardi 21 au matin, après une dernière baignade tranquille, par une mer d'huile et très peu de vent, pour nous rapprocher des réparateurs et shipchandlers, et si cela s'avérait nécessaire, du port du Marin. Nous avons mouillé l'ancre à proximité de la plage pour pouvoir aller barboter, tout en restant près d'une connexion internet. Les techniciens nous ont indiqué par mail des manips à faire pour tenter de récupérer nos instruments, en vain. Après les formalités de clearance, nous avons donc décidé de mettre le cap sur la Martinique pour procéder à l'ultime (nous espérons) réparation sur le bateau. Quand je dis "nous avons décidé", je veux plutôt dire "le capitaine a décidé". Parce que vu l'heure, je sais que l'arrivée se fera de nuit, et je crains que le canal entre Sainte Lucie ne tape un peu dans ce sens-là... Mais le capitaine a décidé, et il reste sourd à mes arguments.

La météo du jour est bonne, elle annonce un vent de force 3 à 4 Beaufort et une houle "normale" en Atlantique de 1 mètre 50 à 1 mètre 70. Sauf que cette houle, nous l'avons de face. Ca veut dire que le bateau monte et descend, et que les enfants qui trouvaient cela très amusant les 15 premières minutes commencent à perdre de leur entrain. Le pire reste à venir : la nuit commence à tomber, et la météo diffuse un bulletin météo spécial, certes pas pour aujourd'hui mais pour demain, c'est-à-dire mercredi soir et jeudi dans la journée, avec l'arrivée d'une tempête tropicale nommée Isaac. Au programme des jours qui viennent : houle de 3 mètres pouvant monter jusqu'à 5. Peut-être avons-nous bien fait de partir mardi soir malgré tout ?

N'empêche que les enfants ne sont pas bien fiers. Je tente de les occuper comme je peux, les jeux ne sont pas envisageables car ils ne se sentent bien que dehors et que cela souffle et bouge. Alors nous chantons. J'espère que l'ancien sorézien Hugues Aufray ne nous en voudra pas d'avoir quelque peu malmené Santiano. En tout cas j'ai compris pourquoi le répertoire des marins était aussi chargé de chansons grivoises : cela amuse beaucoup les enfants et détourne leur attention du mal de mer latent. A ce propos, que les scientifiques qui ont décrété que les enfants de moins de 3 ans ne pouvaient pas avoir le mal de mer viennent nous voir : Victoria l'avait à 1 an, et l'a toujours à 2 ans. Il leur reste 10 mois pour vérifier si c'est un cas particulier. Le reste du trajet se passe à bercer la plus petite, rassurer les autres, ranger ce qui n'était pas bien rangé et qui a volé dans le bateau au gré des montagnes russes, nettoyer les dégâts.

Sans oublier un de ces moments exceptionnels dont j'avais lu des descriptions (merci Marie-Laure !) mais que je n'imaginais pas avoir la chance de vivre : nous avons été accompagnés par des dauphins sautant le long des coques ! Les enfants étaient tout excités de ces compagnons de route aussi inattendus qu'inespérés pour détourner l'attention de l'équipage. Désolée, pas eu le temps de prendre des photos...

Nous arrivons au port du Marin à 21 heures, tout le monde est bien fatigué mais a faim. C'est déjà ça. Et là, j'ai découvert que j'avais mal habitué mes enfants. La nourriture en boite, ils ne connaissent pas. Au vu de l'heure avancée et de mon peu d'entrain à cuisiner, j'ai opté pour la solution d'urgence : la boite de raviolis. Erreur ! En voyant ce plat, pourtant assaisonné maison et agrémenté de fromage râpé (un vrai luxe par ici), Victoria a tout simplement refusé qu'on lui en serve, et les 2 plus grands en ont goûté un, contraints et forcés, mais ont refusé d'en manger plus. Forcément, à la maison nous les faisons nous-même, les raviolis. Alors ces machins en boite avec une sauce indéfinissable... D'ailleurs même sur le bateau, ce genre de plat n'est pas habituel. A ce propos, je vous ai mitonné un article sur les spécialités du bord, à lire ici, dont le maître mot est rapide, facile, et apprécié par le plus grand nombre.

Je rédige cet article alors que nous sommes mercredi 22 août, et que les prémices d'Isaac se font sentir au Marin, même dans le port, depuis 14 heures. Encore une fois, il se confirme que la météo n'est pas une science exacte mais qu'il s'agit de prévisions. Isaac est arrivé avec 6 heures d'avance. Nous comptons donc rester au Marin jusqu'à ce que la météo nous annonce que ça s'est calmé, pour filer vers le sud avant que la dépression tropicale n°10, pas encore nommée mais qui se renforce, ne nous rattrape. L'électronique est réparée, tout semble prêt. Une affaire à suivre...

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